2018

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haguiko-viot
lathoumetie
viot-haguiko
abergel
gueho

Sur ce geste d’art issu des origines de l’humanité, l’équipe Paris-Potier s’interroge et chaque année, l’association traite d’une thématique comme la sculpture figurative, le bijou céramique, les écrits de céramistes ou le vase.

Amoureuse et passionnée de son monde, l’équipe scrute, part à la rencontre d’autres, de mémoires, de documents, cherche à voir et comprendre ce qui est si touchant et nécessaire pour elle-même dans la céramique. Puis elle réfléchit à comment faire partager ces émotions avec le public.

Pour cette 21ème édition notre thème commun sera l’atelier. L’atelier, espace si convoité, chargé de tant de mystère et de secrets, est le lieu le plus intime de la création et le berceau de l’âme artistique. Sans lui, pour la plupart des artistes/artisans, « l’œuvre » ne serait pas.

A la limite entre le lieu de conception, de vie et de réalisation, il est rempli de « détails »… ces détails, qui disent parfois bien plus que l’œuvre elle-même, restent enfouis dans cet antre et deviennent alors encore plus précieux.

Que chaque exposant donne à voir une partie de son intimité à travers un objet, un outil, une recherche en cours, des mots, des notes, des images, un dessin, des choses impensables ou insolites,  serait notre volonté pour les prochaines journées de la céramique. Qu’à travers les pièces mais aussi un fragment d’atelier, le public soit amené à pénétrer au-delà de la matière.

 

« J’aime me sentir mouvement.
Intuition  intime, la pensée par le corps.
Notre vie est mouvement.
Comme découvrir un pays inconnu dans mon propre corps.
Avec la céramique je suis dans un terrain connu qui mène dans un univers. »

« Relativisons… le temps à l’atelier n’existe pas ! »

« J’ai l’impression d’y descendre au cœur de la terre, au cœur de l’être.
Ma respiration s’y pose.
C’est davantage un état qu’un espace. »

« J’entre dans mon atelier comme dans une bonne pâtisserie, je sais que je vais me régaler. »

« L’atelier s’ouvre…paysage de courbes et de mouvements
Une fenêtre ouverte
Un puits de latence…sans limite
Un havre de grâce et d’expérimentation »

« A l’atelier, je fabrique de la paix comme cette femme tenant une fleur devant les soldats »

« Il y a trois étapes :
primo ; un lieu d’accumulation avec des tas de choses in(utiles)
secondo ; un lieu d’exécution
tertio ; mélange de ces deux étapes, aller-venir sans cesse pour trouver l’harmonie entre mon idée et la réalité. »

 » L’atelier c’est un ventre, j’y suis bien  »

« D’abord je fais, ensuite je m’arrête pour réfléchir puis le travail fait le reste. »

« On s’échauffe un peu avant de retourner les tabouret, avec plus ou moins de sérieux, 1, 2, 3 et hop ! »

« Commencer par regarder si tout le monde sèche bien sur les rayonnages. Engober les pièces à engober. Se servir un café. Enlever des assiettes et plats des calebasses, en redémarrer une série. Se mettre à la couleur. Emailler, enfourner. »

« C’est le lieu et le temps où ¨les choses¨ se rassemblent, se condensent, prennent forme,
Où ¨les choses¨ se déposent, s’entassent, se reposent, promesses à venir ou morceaux pour un temps à l’abandon.
Avant, il y a eu des allers et venus, aller chercher la terre, les récoltes éparpillées de matières premières, rentrer le bois, parcourir le monde tout proche ou plus lointain.
L’atelier s’est rempli de toutes ces matières, envies, paysages, rencontres, faisant de l’atelier un lieu vivant, habité, un endroit où entre le monde et du monde, un atelier. »